Orochi - le serpent à Guimet : le ciné-concert japonais
Un film muet de 1925.
Un koto qui résonne.
Une voix entre récit et rap.
Sur le papier, la rencontre peut surprendre. Sur scène, elle prend une autre dimension.
Le 2 avril 2026, le Musée Guimet a proposé bien plus qu’une projection : une relecture contemporaine d’un chef-d’œuvre du cinéma japonais muet, portée par une création musicale live mêlant koto, piano et hip-hop porté par la présence scénique de Shurik’n, figure emblématique du groupe IAM et Faf Larage.
Une rencontre rare entre patrimoine et création, entre le Japon du XXe siècle et les scènes artistiques d’aujourd’hui qui nous a subjugué.

Un ciné concert japonais au musée Guimet, le musée national des arts asiatiques, qui dépasse l’expérience attendue
Dans la salle du Musée Guimet, le musée national des arts asiatiques, le silence s’installe d’abord avec une précision presque cérémonielle.
Puis viennent les premières notes.
Le koto ouvre l’espace sonore, fragile mais déterminé. Le piano s’y glisse, discret, avant que les voix ne prennent le relais.
Sur scène, Shurik’n et Faf Larage ne cherchent pas à imposer leur présence. Ils accompagnent, prolongent en toute humilité mais avec une intensité poignante.
Le flow ne rompt pas le silence du film. Il le prolonge, l’accompagne et lui donne une toute autre dimension.

Une rencontre maîtrisée entre cinéma muet et création contemporaine
Le pari était risqué.
Faire dialoguer un film de 1925 avec une écriture musicale contemporaine pouvait créer une rupture, mais il n’en a rien été : l’œuvre a même été sublimée.
Tout semblait trouver sa place avec une fluidité inattendue.
Les images conservent leur force, leur lenteur, leur tension. La musique ne les recouvre jamais. Elle les soutient, les renforce.
C’est là que réside la réussite du projet : dans cet équilibre rare entre fidélité et interprétation.
Ici on ne trahit pas Orochi, on le sublime et lui rend hommage avec force et humilité.
Des artistes de renoms qui font revivre l'oeuvre d'Orochi
Ce qui fait toute la singularité de Orochi, le Serpent au Musée Guimet (le musée national des arts asiatiques), c’est sa relecture musicale.
Le compositeur Sébastien Damiani propose une création originale jouée en direct, où se rencontrent :
- le piano, structurant et narratif
- le koto, profondément ancré dans la tradition japonaise
- les textures électroniques et le DJ
- la voix, entre rap et slam
Sur scène, Shurik’n, figure emblématique du groupe IAM, apporte une intensité particulière, accompagné par Faf Larage et DJ Daz.
Le koto de Fumie Hihara crée un lien direct avec le Japon, presque tactile.
Ce mélange, à la fois audacieux et maîtrisé, ne cherche pas à moderniser le film, mais à le faire vibrer autrement.


Orochi : une œuvre toujours vivante
Réalisé par Buntarō Futagawa, Orochi appartient à une période charnière du cinéma japonais, où les figures de samouraïs se complexifient et s’éloignent des archétypes héroïques.
Le personnage de Heizaburo, broyé par une société injuste, résonne encore aujourd’hui avec une étonnante modernité.
Ce que ce ciné-concert révèle, c’est précisément cela : la capacité du film à traverser le temps, à se transformer sans perdre son essence.

Une expérience sensorielle entre cinéma, concert et performance
Très vite, les repères s’effacent.
On n’est plus tout à fait dans une salle de projection.
Pas totalement dans un concert non plus.
Quelque chose d’intermédiaire se crée.
Les images dialoguent avec les voix. Les silences deviennent des respirations. Le rythme s’installe, puis se suspend.
Le spectateur ne regarde plus seulement, il écoute, ressent et se laisse porter à travers cette expérience unique en son genre.
Pendant quelques instants, presque imperceptiblement, le temps semble se suspendre.

Que retenir de ce ciné concert japonais à Paris ?
Ce type de proposition aurait pu rester confidentiel.
Il s’impose pourtant comme une piste forte pour penser autrement la diffusion des œuvres patrimoniales.
En faisant dialoguer cinéma, musique et performance, le Musée Guimet, le musée national des arts asiatiques, ouvre une voie : celle d’une médiation sensible, où l’expérience prime autant que la transmission.
A côté de cela, ce type de prestation s’inscrit dans une dynamique plus large portée par le musée Guimet, le musée national des arts asiatiques, qui explore depuis plusieurs années de nouvelles formes de dialogue entre patrimoine et création contemporaine.

Orochi - FAQ
Le ciné concert Orochi au musée Guimet, le musée national des arts asiatiques, a-t-il rencontré du succès ?
Oui, la réception a été marquée par une forte adhésion du public, sensible à cette relecture contemporaine.
Peut-on revoir ce type d’événement au musée Guimet, le musée national des arts asiatiques ?
Le musée propose régulièrement des formats hybrides mêlant arts visuels et performance.
Pourquoi Orochi est-il un film important ?
Parce qu’il marque une évolution du cinéma japonais vers des récits plus complexes et critiques.
Le regard de la rédaction et mot de la fin
Ce soir-là, Orochi n’était pas seulement projeté, il a trouvé une nouvelle façon d’exister.
Il revivait avec intensité et était transcendé entre les images, les voix, le koto, le piano, les silences.





