Un voyage inattendu au Japon qui redessine un parcours

Au départ, rien ne prédestinait Mathilda Motte à faire du daifuku mochi une passion puis une vocation. Historienne de l’art, spécialisée dans l’architecture néo-classique française de la fin du XVIIIe siècle, elle travaillait alors dans le mécénat au Château de Versailles. Curieuse du monde et attirée depuis longtemps par l’étranger, elle avait déjà vécu aux États-Unis puis à Édimbourg.

Si elle aimait voyager et qu’elle aurait sans doute aimé, comme beaucoup, découvrir le Japon un jour, jamais elle n’aurait imaginé y vivre pendant un an. À l’origine, pour répondre à des obligations professionnelles, son époux et elle avaient davantage pour projet de partir en Chine. Mais le hasard de la vie les conduiront finalement au pays du soleil levant, en 2011.

À cette période, le pays venait d’être bouleversé par la catastrophe de Fukushima, provoquée par le violent séisme et le tsunami du 11 mars, qui entraîneront un accident nucléaire majeur. Tandis que de nombreux expatriés cherchent alors à quitter le pays, eux font le chemin inverse. Le voyage se déroule dans une atmosphère presque irréelle, comme suspendue. Dans l’avion, peu de passagers. À leur arrivée à Tokyo, ils s’installent dans le quartier très animé de Roppongi.

Peu familière du Japon à cette époque, Mathilda Motte avait choisi de ne pas trop se documenter avant son départ, pour laisser toute sa place à la découverte. Ce séjour, qui ne devait durer qu’un an, marquera pourtant profondément la suite de son parcours.

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Une évolution du regard porté sur l’esthétique

Au Japon, la beauté semble naître de l’imparfait, du silence et de l’éphémère.

Au fil des mois passés au Japon, sa perception de la beauté et de l’esthétique évolue progressivement. Là où l’esthétique occidentale valorise souvent la symétrie et la maîtrise, Mathilda Motte découvre une autre forme de beauté : plus fragile, plus délicate, plus subtile et profondément liée au temps qui passe ainsi qu’aux cycles des saisons.

Le wabi-sabi, concept japonais qui invite à percevoir la beauté dans l’imparfait et l’éphémère, s’invite peu à peu dans son regard. Une autre manière de voir la beauté, dans la simplicité, dans ce qui est épuré, fragile, parfois imparfait.

Soucieuse d’en apprendre davantage sur le Japon et sur ce pays dans lequel elle réside désormais, Mathilda Motte prend des cours de japonais. Tandis qu’elle se forme à la langue, aux traditions et aux codes du pays, elle s’immerge progressivement dans une culture qui finira peu à peu par l’imprégner durablement.

La rencontre avec le daifuku mochi

C’est durant son séjour au Japon que Mathilda Motte découvre, pour la toute première fois, le véritable daifuku mochi. Loin des versions industrialisées que l’on connaît parfois en France, elle découvre une pâtisserie en décalage avec les codes de la pâtisserie française.

Là où la pâtisserie française peut parfois se montrer très démonstrative esthétiquement, le daifuku mochi, lui, se veut plus humble en apparence tout en demeurant extrêmement technique à fabriquer.

Parmi les nombreuses douceurs japonaises qu’elle découvre alors, comme le dorayaki, le taiyaki, le dango ou encore le yokan, c’est le daifuku mochi qui retient particulièrement son attention.

Cette petite boule moelleuse, légèrement élastique, au cœur fondant et onctueux, la marque durablement. Sa simplicité visuelle, presque minimaliste, s’inscrit dans ce qu’elle découvre au Japon : une esthétique de l’essentiel, où rien n’est superflu, où chaque élément trouve sa place dans un équilibre discret entre matière, forme et texture.

Curieuse de comprendre cette pâtisserie plus en profondeur, elle a l’occasion de s’initier une première fois à sa confection au Japon avec son professeur de japonais.

Du Japon à la naissance d'un projet autour du daifuku mochi

À son retour en France, Mathilda Motte est profondément marquée par cette année passée au Japon, un pays qu’elle connaissait peu avant son départ et qui s’imposera durablement dans son parcours.

Elle s’oriente alors vers le stylisme culinaire et développe un projet éditorial qui donnera naissance à un premier ouvrage consacré au mochi intitulé, Mochi Mochis, mêlant recettes et illustrations. Un livre qu’elle mettra plus de six mois à écrire, avant d’en publier d’autres par la suite.

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En parallèle, elle continue d’alimenter son blog « Cuisine en bandoulière », où elle partage des recettes illustrées.

Peu à peu, les daifuku mochis prennent une place de plus en plus importante dans son quotidien. Ne parvenant pas à retrouver en France le goût et la texture du daifuku tel qu’elle l’avait découvert au Japon, elle commence alors naturellement à essayer d’en refaire elle-même.

Elle se documente énormément, teste, pratique et élabore progressivement ses premières recettes. Peu à peu, ses recherches prennent une tout autre ampleur. L’idée d’un véritable projet professionnel autour du mochi commence alors à émerger.

Le pari d’une enseigne dédiée au mochi : La Maison du Mochi

Lorsque Mathilda Motte se lance officiellement dans le daifuku mochi et crée La Maison du Mochi en 2016, cette pâtisserie ne bénéficie pas encore de la popularité qu’on lui connaît aujourd’hui.

Le terme “mochi” est souvent utilisé de manière générique, alors qu’il désigne à l’origine la pâte de riz gluant elle-même, le daifuku étant la pâtisserie qui en découle. C’est aussi ce qui explique le choix du nom La Maison du Mochi. Son ambition est avant tout d’explorer la matière mochi dans son ensemble, sans s’enfermer uniquement dans le daifuku, même si celui-ci en reste l’expression la plus connue.

Au-delà du pari que représente l’ouverture d’une boutique spécialisée dans le mochi à une époque où cette pâtisserie ne bénéficiait pas du même engouement en France, Mathilda Motte doit également faire face à toute la technicité que demande sa fabrication.

Derrière une apparente simplicité visuelle, le daifuku mochi demande une véritable précision d’exécution. Il repose sur deux préparations : la pâte de riz gluant et la pâte de haricot rouge, l’anko, travaillées séparément avant d’être associées.

L’anko, en particulier, demande un travail long et minutieux afin d’obtenir la texture idéale. Ici, rien n’est laissé au hasard. La souplesse de la pâte, son humidité, son équilibre, mais aussi la finesse du cœur influencent directement le résultat final.

À contre-courant des codes de la pâtisserie française, le daifuku mochi se distingue aussi par son mode de fabrication : les pâtes y sont travaillées après cuisson, là où elles sont généralement façonnées crues avant d’être cuites en pâtisserie française.

À ses débuts, le projet s’inscrit surtout dans une volonté de faire découvrir cette pâtisserie japonaise au plus grand nombre. Le daifuku mochi suscite alors beaucoup de curiosité. Certains s’interrogent sur sa nature, sucré ou salé, d’autres sur sa préparation, allant parfois jusqu’à le prendre pour un fromage en raison de sa forme.

Mathilda Motte, elle, perçoit immédiatement le potentiel de cette pâtisserie à la texture unique. Il ne lui reste alors plus qu’à la faire connaître davantage auprès du grand public.

Elle décide alors, dans un premier temps, de lancer une boutique en ligne afin de proposer ses créations et de faire connaître le daifuku mochi.

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La Maison du Mochi : du site internet aux boutiques

Dès l’ouverture de sa boutique en ligne, La Maison du Mochi connaît un succès rapide. Les daifuku mochis sont fabriqués à la main puis expédiés directement aux clients.

Leur bonne tenue au transport et leur conservation en font un produit particulièrement adapté à l’expédition, là où de nombreuses pâtisseries se révèlent plus fragiles.

À ses débuts, La Maison du Mochi propose douze parfums. Portée par cet engouement, la carte est ensuite resserrée à huit saveurs, dans une logique de sélection plus exigeante et de qualité constante.

Forte de ce succès, une première boutique physique ouvre dans le 6e arrondissement de Paris afin de permettre aux clients de découvrir et déguster les daifuku mochis dans un cadre cosy, autour d’une boisson. D’autres boutiques verront ensuite le jour dans les 3e puis 17e arrondissements de Paris, avant une implantation à Lyon.

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Aujourd’hui, La Maison du Mochi compte un site en ligne, quatre boutiques et une équipe de vingt-six salariés, avec la volonté assumée de rester une structure artisanale à taille humaine.

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La Maison du Mochi : des pâtisseries artisanales, végétales et ultra fraîches

Fabriqués artisanalement chaque jour à la main, les daifuku mochis de La Maison du Mochi ne contiennent aucun conservateur.

À base de riz et de légumineuses, ces pâtisseries sont végétales, sans gluten et riches en fibres. Elles séduisent autant par leur fraîcheur et leur légèreté que par leur texture unique.

Tous les produits de la Maison du Mochi

La Maison du Mochi propose aujourd’hui une gamme d’environ huit parfums permanents de daifuku mochis, enrichie au fil du temps par des créations saisonnières et des éditions limitées.

Les daifuku mochis

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  • Matcha
  • Anko
  • Sésame noir
  • Yuzu citron
  • Amande et fleur d’oranger
  • Vanille pécan
  • Rose

À côté des versions classiques, la maison explore d’autres déclinaisons autour du mochi, comme les mochis roulés, les chokoshi ou encore les cookie mochis.

Certaines recettes suivent le rythme des saisons, à l’image du sakura mochi au printemps ou de l’ichigo mochi à la fraise fraîche.

Produits complémentaires et épicerie fine

L’univers s’étend enfin à une sélection de produits complémentaires : crèmes de mochi et pâtes à tartiner, kits pour réaliser ses propres daifuku mochis à la maison, ainsi que des thés et infusions.

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La Maison du Mochi : entre transmission et culture japonaise

Les ateliers autour du mochi

Parce que Mathilda Motte est avant tout une passionnée, elle a eu à cœur de transmettre son amour du daifuku mochi en organisant régulièrement des ateliers en petit comité au sein de ses boutiques, afin de permettre au public de s’initier à l’art subtil de la confection des daifuku mochis.

Des artisans japonais mis à l’honneur

Les boutiques mettent aussi en lumière des artisans japonais à travers une sélection d’objets et d’accessoires traditionnels : furoshiki, daruma, kuromoji…

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Le podcast Tsukimi de Mathilda Motte

En parallèle de La Maison du Mochi, Mathilda Motte anime le podcast Tsukimi. Elle y reçoit des personnalités liées au Japon : artisans, chefs, auteurs, créateurs ou passionnés.

Chaque épisode explore la manière dont ce pays peut traverser un parcours, influencer une sensibilité ou nourrir une démarche personnelle. On y retrouve la même attention portée aux récits, aux détails et aux émotions que dans l’univers de La Maison du Mochi.

Une autre façon, pour Mathilda Motte, de prolonger ce dialogue intime qu’elle entretient avec le Japon depuis son retour en France.

La Maison du Mochi, une adresse également très appréciée des Japonais

Le projet pouvait sembler ambitieux : celui d’une Française choisissant de se spécialiser dans une pâtisserie profondément liée à la culture japonaise. Pourtant, au fil des années, La Maison du Mochi a réussi à trouver sa place grâce à une approche sincère, artisanale et respectueuse du produit.

Aujourd’hui, La Maison du Mochi est particulièrement appréciée par une clientèle japonaise vivant à Paris, heureuse d’y retrouver les textures, les saveurs et la délicatesse du daifuku mochi tel qu’il est travaillé au Japon.

Une reconnaissance importante pour Mathilda Motte. Sans chercher à reproduire le Japon de manière figée, elle a su développer un univers personnel fidèle à ce qui l’avait profondément touchée lors de son année au Japon, tout en créant ses propres recettes.

Notre avis sur les daifuku de La Maison du Mochi

Nous avons eu le plaisir de découvrir les créations de La Maison du Mochi à travers la dégustation d’un coffret d’assortiment, et l’expérience a largement dépassé nos attentes.

Dès la première bouchée, on ressent un véritable travail artisanal : des textures maîtrisées, des équilibres précis et des saveurs d’une grande justesse. Chaque création possède sa personnalité sans jamais tomber dans l’excès. Les goûts sont francs, naturels et particulièrement bien travaillés, avec cette sensation très agréable de déguster des produits sincères, sans artifices inutiles.

Ce qui nous a particulièrement marqués, c’est la capacité de La Maison du Mochi à retrouver des sensations inspirées du Japon avec beaucoup de finesse et de précision. On sent un vrai respect des ingrédients, une recherche d’équilibre et une volonté de laisser les saveurs s’exprimer naturellement.

Au-delà de l’esthétique très soignée du coffret, c’est surtout la qualité gustative qui retient l’attention. Une découverte élégante, généreuse et authentique, qui donne envie de poursuivre le voyage à travers leurs créations.

Le regard de la rédaction et mot de la fin

Rien ne destinait au départ Mathilda Motte, historienne de l’art, à se retrouver quelques années plus tard à la tête de La Maison du Mochi. Pourtant, d’un départ imprévu au Japon naîtra peu à peu un tout nouveau parcours, construit autour d’une pâtisserie qui l’aura profondément marquée.

Aujourd’hui, avec ses boutiques, ses créations artisanales et tout l’univers qu’elle a développé autour du daifuku mochi, Mathilda Motte a su bâtir une maison à son image : sensible, exigeante, délicate et profondément inspirée par ce que le Japon lui a transmis.

Certaines rencontres marquent bien plus qu’un simple entretien.
Notre passage à La Maison du Mochi en fait partie.

Nous tenions à remercier Mathilda Motte pour son accueil chaleureux, sa disponibilité et la générosité avec laquelle elle nous a ouvert les portes de son univers.

Au-delà de la découverte de ses créations, c’est avant tout une véritable passionnée que nous avons eu la chance de rencontrer. Mathilda a pris le temps de nous raconter son parcours, la naissance de son projet, les valeurs qui animent son travail au quotidien ainsi que toute l’exigence derrière la création de ses mochis. Chaque échange était sincère, inspirant et profondément humain.

Dans un quotidien souvent rythmé par la rapidité, il est rare de croiser des personnes qui accordent autant d’attention au partage et à la transmission. Nous avons particulièrement apprécié sa simplicité, sa bienveillance et son enthousiasme communicatif. On ressent immédiatement l’amour du produit, le souci du détail et l’envie authentique de faire découvrir un savoir-faire avec élégance et modernité.

Cette rencontre nous a permis de mieux comprendre l’histoire de La Maison du Mochi, mais aussi la vision portée par sa fondatrice : une maison créative, raffinée et profondément passionnée.

Merci encore à Mathilda Motte pour le temps qu’elle nous a accordé, pour son accueil attentionné et pour cette parenthèse aussi gourmande qu’inspirante.

Localisation de La Maison du Mochi
Toutes les adresses de La Maison du Mochi (Paris & Lyon)
  • 39 Rue du Cherche-Midi, 75006 Paris
  • 120 Rue de Turenne, 75003 Paris
  • 30 Rue Legendre, 75017 Paris
  • 3 Pl. d’Albon, 69001 Lyon
Ville

Paris & Lyon

Téléphone

01 56 52 54 33

Prix moyen d'un daifuku de la Maison du Mochi

Comptez environ 3.80 euros pour un daifuku.

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Horaires des boutiques de La Maison du Mochi

10:30–19:00

Jours de fermeture

Lundi

Site internet de La Maison du Mochi

Pour en savoir plus sur : La Maison du Mochi

Accessibilité

Les boutiques de la Maison du Mochi sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.


Si vous avez déjà eu l’occasion de tester les délicieux daifuku mochis de La Maison du Mochi, n’hésitez pas à nous faire part de votre avis.

いつもお読みいただきありがとうございます

A bientôt !

France Japon

©Crédit photos : Antoine & Sabrina

Video : La Maison du Mochi

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